A trois mois, je suis dans le ventre de ma maman
je sais que parfois c'est mouvementé dehors, je le sens
J'entend crier,hurler, j'entend des bruits de verre casser
Quelques heures plus tard j'entend une sirène d'ambulance résonner
J crois bien que c'est pour maman
Après un vacarme insoutenable,j'ai senti un choc
le bruit du dos de maman,je crois,et du sol qui s'entrechoquent
Je crois que c'est papa
Oh,Attendez,qu'est-ce que c'est que ça?
Il y a un liquide rouge qui arrive dans la poche
Ca me coule sur le corps,j'espère que la blessure de maman n'est pas trop moche
Elle a l'habitude que papa s'énerve après elle,certes
mais je sens cette fois,son corps inerte
Maman,maman,tu m'entends?
Maman,maman
Chuuuuuuuuuuut,des bruits de pas entrent dans la pièce
Qui est-ce?
Maman est soulevée par ces personnes
des bruits partout dans la maison résonnent
L'ambulance nous transporte à l'hôpital
maman a manqué de me perdre ont-ils dit
Ils ont soigné ma maman et deux semaines plus tard elle n'avait plus mal
je le sentais,puis on est rentré à la maison
tous les deux,car maman avait mis papa dehors
Six mois plus tard,retentit de nouveau la sirène de l'ambulance
Je sens que maman pousse,elle est comme en transe
Je sens que je dois sortir,maman m'aide
Elle pousse,pousse,pousse,me voilà dehors
Maman: papa a toujours eu tort:tu n'es pas laide!
Il fait froid ici,
en plus,on me donne déjà une fessée pour que je crie.
Et voilà,je pleure pendant que tous ce gens autour de moi me regardent et sourient.
On me met dans un petit lit, on me met un body en guise d'habit.
Où suis-je? Maman m'a pris un instant dans ses bras
mais j'ai été arraché à elle,et des examens médicaux m'étaient destinés
j'avais une maladie, ils ont dit ce que c'était
un truc aux bronches:une bronchiolite aigüe, je crois.
J'ai lutté, je vous jure, pendant des mois.
Et à force de me battre, au bout de six mois,
moi et ma maman étions rentrés sous notre toit.
"Il est sorti d'affaire" avaient dit les médecins à maman.
Le temps passait et je grandissais.
Je savais marcher debout tout seul 6 mois après ma sortie.
Et c'est bizarre mais quoi que je fesais et où que j'allais
J'entendais maman prononcer un même mot tout le temps
Je ne distinguais que deux son au début: o et an
mais vers mes 1 ans et demi, j'ai compris!
c'était mon prénom en fait:Je m'appellais Jonathan.
Un an plus tard, maman me conduit près d'un établissement
c'était l'école maternelle. "Tu deviens grand!" me répétait maman.
Le premier jour,j'ai pleuré de toute mon âme et de toutes mes forces
car c'était la première fois que j'étais séparé de maman.
En plus,je me retrouvais avec beaucoup d'enfant assez grands
C'est normal, ils avaient cinq ans,eux.
Les mois passèrent et mon éducation suivit son cours.
On apprenait beaucoup de chose.
J'avais une assez belle vie point de vue social et relationnel
Et les années passèrent.
Malheureusement, pour l'état,ce n'était pas le seul critère
pour pouvoir permettre à maman d'élever son enfant en tant que mère-célibataire.
Je me souviens de ce jour noir
il est gravé pour toujours dans ma mémoire.
Une dame en tailleur est venue voir comment ça se passait à la maison
comment maman s'en sortait.
Et c'était pas tout à fait parfait, c'est vrai:l'argent nous manquait.
Mais c'était pas une raison de faire ce que cette dame a fait.
Maman m'avait expliqué après la visite de cette dame
que celle-ci était en fait une assistante sociale.
Vilaine femme,elle n'a pas tenu compte des intenses sentiments
qui nous liaient moi et ma maman.
Elle n'a rien trouvé de mieux, en fait, que de nous séparer
elle m'a placé dans une autre famille.
On appelle cela une famille d'acceuil.
Ce jour-là, je me rappelle:j'étais comme en deuil.
Je venais de féter mes sept ans un mois plus tôt.
J'ai vu arriver des gens:il y avait une maman, un garçon de cinq ans
et un monsieur assez gros, le père de la famille en fait.
Maman avait préparé mes valises.
Oh, ne la blâmez pas s'il-vous-plait,
car elle n'avais pas le choix,vous savez.
La preuve c'est que quand la voiture (dans laquelle j'étais)
à démarrer, vous auriez dû voir, bon sang comme elle a pleuré.
On sentais qu'elle était comme déchirée.
Et moi aussi, j'y étais.
Dans sa douleur,je la comprenais
j'avais le même sentiment.
Celui d'une injustice,d'un dégoût, d'une honte,d'un abandon.
J'allais devoir me faire une raison
de vivre avec ce gros,cette femme et leur fiston
à la place d'une super gentille maman qui m'apportait tant
en sentiment.
J'ai douze ans maintenant,
j'ai grandi, je vois encore maman de temps en temps,
elle est devenue toxico
elle se pique à l'héro
Je suis toujours chez ma "fameuse famille d'accueil"
pleine d'orgeuil
quel supplice ces nombreuses sévices:
aujourd'hui, je suis là dans mon grenier
à me demander combien de temps vais-je encore rester
Aujourd'hui le motif de mes souffrances
est que j'ai refusé de boire du lait
qui était périmé
Je me suis ramassé une de ces trempes
de mon visage, le sang s'est mis à couler.
J'ai le nez cassé et la joue entaillée.
La semaine dernière, ils m'ont fait faire la grève de la faim pendant 6 jours.
Depuis deux semaines maintenant, je ne cesse de penser
à une seule idée: me suicider.
C'est mon voeu le plus cher, je veux crever.
J'en ai marre de cette vie,
Passer son temps à ramper et galéré toute sa vie,
comme une chenille
espérant devenir papillon
mais moi je sais que ces gens ne m'apporteront jamais du bon.
Je sais très bien que je ne serai jamais leur vrai "fiston".
J'ai trouvé la solution, mourir écrasé par un camion,
c'est rapide, net et précis,
je ne souffrirai pas beaucoup.